Mai 27 2014

Hommage à Marthe Simard

SimardLe 27 mai est une date sanctuarisée comme journée de la résistance, suite à la loi du 19 juillet 2013. C’était cette année la toute première « journée de la Résistance » et à cette occasion une plaque a été dévoilée au Sénat en hommage aux sénatrices issues de la Résistance, et un colloque sur les femmes résistantes organisé par la Délégation aux droits des femmes du Sénat, dont je suis vice-présidente.

J’ai ainsi eu le plaisir de rendre une nouvelle fois hommage à Marthe Simard, Française du Canada qui s’est illustrée d’abord dans la Résistance puis en tant que toute première femme dans une Assemblée parlementaire française, un an avant l’octroi du droit de vote aux françaises.

Marthe Simard, née Caillaud le 6 avril 1901 en Algérie, a été la fondatrice et l’animatrice du tout premier comité de la France Libre en Amérique du Nord, qu’elle crée dès le soir de l’Appel du 18 juin, à une période où le Canada avait maintenu ses relations avec le régime de Vichy.

A la demande du Général de Gaulle qui reconnaît rapidement ses talents d’organisatrice et d’oratrice, elle sillonnera le Canda, donnant des conférences, intervenant à la radio, et créera et coordonnera une trentaine d’autres comités de la France-Libre s en Amérique du Nord. En 1943, lorsque le Général de Gaulle instaure une Assemblée consultative provisoire à Alger, Marthe Simard devient l’une des cinq représentants élus par les comités de la France libre à l’étranger – et la seule femme.

Si Marthe Simard mérite d’être redécouverte, ce n’est pas seulement en raison du caractère hors norme du destin de cette résistante de la première heure, mais aussi et surtout pour la modernité de son message. En pleine guerre, par son action de Résistante et de son travail de conviction, Marthe Simard a été une pionnière du « soft power ». Elle a, de plus, su puiser son expérience à l’étranger une inspiration pour le débat politique français, notamment pour réclamer des droits civiques pour les Françaises. Enfin, elle représente à mes yeux, une figure de l’éthique en politique, ayant su faire progresser, de manière totalement désintéressée, les causes en lesquelles elle croyait profondément. Son ascension politique portée par la Résistance, son retour dans l’ombre dès la Libération, ses appels au renouvellement des élites et son insistance sur la nécessaire exemplarité des représentants de la France, sur notre territoire comme l’étranger, sont autant de jalons que Marthe Simard nous laisse pour construire l’avenir.

11 mars 2011, inauguration de la place Marthe Simard à Paris avec les élus de l'AFE et le Délégué général du Québec Michel RobitailleC’est pourquoi j’avais été particulièrement heureuse quand, en 2011, le Maire de Paris avait accédé à ma demande qu’une place parisienne puisse porter son nom. Et je continue, dès que l’occasion se présente, à tenter de faire sortir de l’ombre la mémoire de cette grande dame oubliée de la République.

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