Edito

Bienvenue sur ce site destiné aux Français résidant à l’étranger, mais aussi à tous ceux qui s’intéressent à l’expatriation ou cherchent des clés de compréhension sur les liens entre la mondialisation et l’action politique et législative française.

Vous y trouverez des informations sur mes engagements et mon travail, en tant que sénatrice représentant les Français de l’étranger, en lien avec les conseillers élus de l’Assemblée des Français de l’étranger, indispensable maillon entre les réalités du terrain et le Parlement.

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Lancement du Prix du Rayonnement Français à l'Hôtel de la Marine, le 4 septembre 2009

sept 12 2014

Lutte contre le terrorisme : l’impératif d’une approche inclusive

Chargée par l’Assemblée parlementaire de l’OTAN d’un rapport sur la lutte contre le terrorisme, j’ai auditionné ces derniers mois de multiples experts internationaux. Un constat s’impose, face à des menaces nouvelles, croissantes et asymétriques : les démocraties occidentales doivent élargir le cercle de leurs interlocuteurs, et ne peuvent se complaire dans une posture autiste, en ostracisant d’emblée des régimes ou des partis étiquetés –pour des raisons plus ou moins étayées – comme infréquentables.

La doctrine de « l’axe du mal » a vécu. Le poids, le rôlet et l’influence de l’Iran, trop longtemps qualifié d’Etat voyou, ne peuvent plus être négligés dans le cadre d’une lutte efficace contre un « Etat islamique » (EI) qui n’est certainement pas un Etat et qui n’est guère islamique non plus.

Ainsi les Emirats arabes unis et l’Arabie saoudite, dont le respect des droits humains sur leur propre territoire pose hélas question, sont-ils appelés en renfort d’une coalition internationale au Moyen-Orient. Et le fait que le PKK figure sur les listes européennes et américaines d’organisations terroristes n’a pas empêché la livraison d’armes aux Kurdes pour tenter de contrer l’avancée de l’EI.

Il y a un certain nombrilisme et une bonne dose de naïveté à persister à placer d’office tout parti islamiste, même modéré, dans le camp des « terroristes ». Cet amalgame en France entre islam politique et djihad est surtout propre à renforcer le Front National. L’ « Appel de Paris » du Conseil français du culte musulman, en soutien des Chrétiens d’Orient, illustre la volonté d’une majorité de Musulmans de ne pas cautionner les dérives de l’EI.

Bien sûr, la vigilance reste de mise face à des partenaires inhabituels pour les diplomaties occidentales. Mais le pragmatisme s’impose. Les hommes et les formations politiques évoluent. Ainsi en Tunisie, si l’arrivée au pouvoir par les urnes du parti islamiste Ennahdha n’avait pas manqué de soulever de vives inquiétudes, force est de constater aujourd’hui que ce mouvement s’engage à respecter les libertés – notamment celles des femmes et des minorités culturelles ou religieuses – et les procédures démocratiques. Dès lors, comme je l’ai souligné sur dans l’émission d’Audrey Pulvar sur i-Télé, il n’y a pas de raison de ne pas coopérer avec eux pour combattre le fondamentalisme et le terrorisme, dans le respect de la légalité internationale et dans l’intérêt de la sécurité régionale et mondiale.

sept 05 2014

Ecosse: un référendum d’importance européenne

Ma tribune publiée par Le Huffington Post :

4 millions d’électeurs suffisent-ils à faire trembler l’Europe? Alors que le gouvernement britannique fait activement campagne pour le « non », les grandes diplomaties européennes attendent avec circonspection le référendum du 18 septembre sur l’indépendance écossaise. L’enjeu dépasse en effet largement la défense du kilt et du whisky…L’indépendance de l’Ecosse affaiblirait sensiblement le Royaume-Uni, dont le territoire continental serait amputé de 70%. L’économie serait durement affectée, avec une chute potentielle de 10% du PIB: l’Ecosse abrite 97% des réserves pétrolières et 58% des ressources gazières du Royaume-Uni, ainsi qu’une part importante des industries de défense britannique et la totalité de la force de dissuasion nucléaire. Au plan diplomatique, le Royaume-Uni risquerait de voir son siège au Conseil de sécurité de l’ONU contesté.

Un tel affaiblissement britannique représenterait un bouleversement considérable pour la France – notamment en matière de politique de défense, le Royaume-Uni étant notre premier partenaire stratégique – mais surtout pour l’Union européenne, qui aurait à gérer le cas inédit de l’intégration dans l’Union d’un nouvel Etat créé par sécession d’avec un Etat membre.

Les autorités britanniques mettent l’accent sur l’absence d’automaticité de l’adhésion à l’Union européenne d’une Ecosse indépendante. Juridiquement, le raisonnement est exact. De surcroît nombre d’Etat membres pourraient être tentés de ralentir un tel processus d’adhésion, par crainte de créer un précédent qui aviverait les séparatismes ailleurs en Europe, de la Catalogne à la Flandre. Il semblerait néanmoins politiquement difficile de laisser durablement aux portes de l’Europe une région qui faisait jusqu’alors partie de l’Union et demeurera intimement intégrée aux réseaux économiques européens.

Dans l’immédiat, il faut bien sûr laisser les urnes parler. Et saluer la capacité du Royaume-Uni à gérer pacifiquement et démocratiquement ses tendances centrifuges. Mais le référendum écossais doit nous interroger sur la capacité de l’UE à promouvoir une Europe dans laquelle les identités régionales se sentiraient mieux reconnues, respectées et valorisées. La crise ukrainienne actuelle, tout comme le précédent de la Yougoslavie, illustre à quel point la préservation de l’intégrité territoriale des Etats est un facteur de stabilité essentiel dans un monde contemporain marqué par la remise en question des frontières nationales, dans un contexte de violence accru.

Quel que soit le résultat du référendum, l’Ecosse gagnera en autonomie, que ce soit par sa sortie du Royaume-Uni ou en demeurant à l’intérieur de cet Etat, la forte dynamique d’ores et déjà impulsée par les tenants du « oui » ne pouvant que se traduire en évolutions politiques. Suite au référendum de 1997, l’Ecosse avait obtenu la création d’un parlement, légiférant dans tous les domaines non réservés au parlement britannique mais limité par un droit d’amendement du parlement britannique.

Le 18 septembre, quel que soit le résultat, une nouvelle étape s’apprêtera à être franchie, non seulement en termes d’autonomie accrue de l’Ecosse vis-à-vis du Royaume-Uni, mais aussi d’affermissement de sa voix propre au sein de l’Union européenne.

Le cas écossais ouvre des perspectives. L’UE offre l’opportunité que des régions, sans remettre en cause les frontières nationales, deviennent des acteurs autonomes des échanges économiques et culturels intra-européens. Il serait grand temps que les capitales en tirent toutes les conséquences.

sept 02 2014

Crise en Ukraine : rencontre avec le Président de la Douma

DoumaA l’initiative du Dialogue Franco-Russe et de SE Alexandre Orlov, Ambassadeur de Russie en France, plusieurs parlementaires, hommes d’affaires et intellectuels français ont été invités à rencontrer Sergueï Narychkine, Président de la Douma (Assemblée nationale russe). Une réunion particulièrement utile à un moment de grandes tensions entre la Russie et l’Ukraine, avec de lourdes sanctions américaines et européennes et le risque d’une guerre ouverte de grande ampleur aux portes de l’Europe.

Narychkine est un ami de la France, qui parle notre langue, tout comme les deux députés l’accompagnant, le président de la commission des affaires étrangères de la Douma, Alexei Pouchkov et Leonid Sloutsky, président du comité pour les affaires de la CEI, pour l’intégration eurasienne et pour les Russes de l’étranger. Bien sûr il a, tout comme plusieurs autres intervenants, longuement rappelé les liens historiques d’amitié et d’entraide entre la France et la Russie. Le général de Gaulle ne s’était-il pas écrié lors de sa visite à Moscou en Décembre 1944 pour la signature d’un accord entre nos deux pays que nos deux pays réunis étaient très forts mais que s’ils se séparaient, ils seraient en grand danger?

Mais son rôle était bien sûr de nous convaincre du bien-fondé des positions russes, insistant sur les souffrances des centaines de milliers de Russes d’Ukraine, beaucoup ayant été obligés de fuir vers la Russie, refusant une « Ukrainisation forcée » et victimes d’une « société russophobe » ayant rabaissé le statut de la langue russe. En écho à Hollande qui avait affirmé à la Conférence des Ambassadeurs qu’il serait « bien sûr intolérable et inadmissible » que des soldats russes soient présents en Ukraine, Narychkine a insisté sur le fait qu’il n’y avait pas de soldats russes sur le territoire ukrainien et que les observateurs internationaux basés aux frontières l’avaient confirmé (contrairement à nos propres informations de presse..).

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août 29 2014

La Conférence des Ambassadeurs clôt un été mouvementé pour la diplomatie française

ambaComme chaque année, l’ensemble des Ambassadeurs étaient conviés à Paris pour échanger avec leur Ministre et le Président de la République sur les grandes orientations de la diplomatie française. En tant que sénatrice des Français de l’étranger et membre du Bureau de la Commission des Affaires étrangères du Sénat, j’ai naturellement participé cette année encore à ces réunions.

Si Laurent Fabius avait retenu un thème plutôt large et consensuel, « L’action extérieure de la France, une diplomatie globale », les dossiers chauds de l’été ont évidemment été au cœur des débats : Irak, conflit Israël/Palestine, Ukraine… N’oublions pas non plus que la situation, malgré les interventions militaires françaises demeure extrêmement instable au Mali et en Centrafrique..

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août 26 2014

Suppression des bourses au mérite

bourseQuestion écrite n° 12965 adressée à Mme la ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche (JO du 04/09/2014) :

Mme Joëlle Garriaud-Maylam appelle l’attention de Madame la ministre de l’Education nationale sur les conséquences de la suppression brutale de la bourse dite « au mérite » envisagée dès la rentrée 2014.

Elle s’étonne qu’ait été envoyée aux rectrices et recteurs d’académie ainsi qu’aux chancelières et chanceliers des universités, en pleines vacances universitaires, une circulaire (n° 2014-0010 du 2 juillet 2014) annulant et remplaçant la circulaire n° 2013-0011 du 18 juillet 2013 relative aux modalités d’attribution des bourses d’enseignement supérieur sur critères sociaux. Cette publication estivale modifie notamment les dispositions applicables aux aides dites « au mérite » à compter de la rentrée 2014.

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août 19 2014

COMMUNIQUE DE PRESSE / Audition du ministre des Affaires étrangères sur l’Irak

La Sénatrice Joëlle Garriaud-Maylam se réjouit de l’organisation demain mercredi d’une réunion  des Commissions des Affaires étrangères et de la Défense de l’Assemblée nationale et du Sénat.

Au regard de la situation internationale, elle avait d’ailleurs demandé à plusieurs reprises qu’une telle réunion soit organisée avec le Ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, sans attendre la reprise des travaux parlementaires de septembre.

Elle regrette cependant, à la fois que cette réunion ne traite que de la situation en Irak, alors que les événements en Ukraine et à Gaza mériteraient eux aussi d’être abordés, et qu’il ait été  décidé d’ouvrir cette réunion de travail à la presse. Elle estime en effet qu’une telle réunion ne doit pas être une opération de communication politique et que  seul un débat à huis clos serait vraiment efficace en permettant d’aborder en toute liberté et franchise les graves sujets à l’ordre du jour.

août 01 2014

Chrétiens d’Orient : appel parlementaire

Chrétiens d’Orient : appel parlementaire

10563138_509784069155084_1449898632152847781_n Regrettant le manque de volontarisme du gouvernement français face aux persécutions     dont sont victimes les minorités – notamment chrétiennes – en Irak, j’ai rédigé un courrier  au Président de la République, cosigné par 53 députés, eurodéputés et sénateurs.

Nous y soutenons la demande des associations que la France saisisse la Cour Pénale Internationale des exactions perpétrés en Irak par l’Etat islamique, et qualifiés le 21 juillet à l’ONU de potentiels « crimes contre l’humanités ».

A l’heure où des centaines de milliers d’Irakiens sont jetés sur les routes, nous avons également appelé à la France à faire un véritable effort pour venir en aide à ces réfugiés.

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Nous avons aussi interrogé le Président sur les possibilités d’envoi d’une force d’interposition onusienne ou européenne. Une telle mesure serait justifiée non seulement en raison de l’urgence humanitaire, mais aussi du fait du péril que fait peser les djihadistes de l’Etat islamique sur la stabilité et la sécurité de l’ensemble du Moyen-Orient.

La situation en Syrie, en Israël/Palestine, au Nigeria et au Mali doit nous inciter à la plus grande vigilance. Partout la guerre s’étend. Appeler au cessez-le-feu ne suffit pas : un effort diplomatique considérable est nécessaire, pour que les parties en conflits acceptent, malgré les difficultés politiques, de faire un pas vers la paix.

C’est aussi dans cet esprit de recherche de la paix, et en ayant à l’esprit l’ensemble des violences qui déchirent hélas le Moyen-Orient, que j’ai participé dimanche 27 juillet à un rassemblement puis à une messe en la cathédrale Notre-Dame à l’intention des Chrétiens d’Orient.

->  Lire la lettre

-> Voir les articles dans le Figaro, le Nouvel Observateur et le Journal du Dimanche

juil 23 2014

L’Ukraine ou le bal des hypocrites

Photo du débat auquel je participais hier sur France 24 - canal anglais

Photo du débat auquel je participais hier sur France 24 – canal anglais

Que d’hypocrisie dans toute cette affaire ukrainienne depuis la terrible attaque contre le vol MH17 de Malaysian Airlines.

Hypocrisie des Russes qui après s’être vantés – y compris sur une télévision nationale- d’avoir abattu un avion militaire ukrainien, essaient maintenant de faire croire au monde qu’ils sont totalement innocents et reportent la faute sur les Ukrainiens eux-mêmes. N’aurait-il pas été plus simple, plus digne d’accepter de reconnaitre leur erreur et de présenter des excuses et des condoléances aux familles des victimes ? Faute avouée est à moitié pardonnée, dit le dicton, mais Poutine, en vrai ancien du KGB semble penser qu’il faut mentir, toujours et encore, pour gagner du temps, dans l’espoir hypothétique de trouver des moyens de maintenir le doute.

Hypocrisie aussi des Occidentaux qui trouvent plus facile de jeter l’opprobre sur la Russie alors qu’ils sont largement responsables de la crise ukrainienne par leur manque de courage politique, leur manque de soutien aux aspirations légitimes du peuple de Maïdan à la paix à la démocratie et à la fin de la corruption, mais aussi par leur incapacité à trouver une solution diplomatique à la crise ukrainienne en négociant avec la Russie. lire la suite

juil 22 2014

Israël/Palestine : des effets pervers du manque de courage politique

gazaDes images de guérilla en plein Paris. Une banlieue qui s’enflamme. Et des médias qui s’alarment de « l’importation de l’intifada en France ». Comment en sommes-nous arrivés là ? Pourrait-on cesser de souffler sur les braises? Comment sortir de cette spirale infernale ?

Partout dans le monde, en Europe, en Amérique du Nord, mais aussi dans plusieurs villes israéliennes, des dizaines de manifestations ont été organisées ce week-end, en réaction à l’offensive menée par Israël à Gaza, qui aurait fait 572 victimes, dont 149 enfants de moins de 10 ans, en une dizaine de jours et plus de 100 000 personnes déplacées. Mais les heurts se sont produits dans les deux seules villes françaises où les manifestations avaient été interdites : Paris et Sarcelles. Même à Londres, où des marches pro-palestiniennes et pro-israéliennes avaient lieu simultanément, la police a réussi à éviter tout débordement.

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juil 22 2014

Réserve parlementaire : pour une gestion concertée !

réserveLes subventions accordées au titre de la réserve parlementaire continuent à faire débat. Les accusations de clientélisme sont étayées par le caractère discrétionnaire de cette subvention, chaque parlementaire pouvant répartir comme il l’entend l’enveloppe qui lui est attribuée.

Le discrédit global que jettent sur cette institution les mauvaises pratiques de certains est regrettable. La réserve parlementaire n’est en effet pas une « caisse noire », mais un budget, voté chaque année en loi de finances, qui permet aux parlementaires de contribuer au financement de certains projets – en principe au sein de leur circonscription. La souplesse que permet ce mode d’attribution est un véritable bol d’oxygène pour de nombreuses collectivités locales, associations ou encore « petites écoles » françaises à l’étranger.

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