Edito

Bienvenue sur ce site destiné aux Français résidant à l’étranger, mais aussi à tous ceux qui s’intéressent à l’expatriation ou cherchent des clés de compréhension sur les liens entre la mondialisation et l’action politique et législative française.

Vous y trouverez des informations sur mes engagements et mon travail, en tant que sénatrice représentant les Français de l’étranger, en lien avec les conseillers élus de l’Assemblée des Français de l’étranger, indispensable maillon entre les réalités du terrain et le Parlement.

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Lancement du Prix du Rayonnement Français à l'Hôtel de la Marine, le 4 septembre 2009

oct 16 2014

Terrorisme : une loi nécessaire, des mesures discutables

terrorismeLe projet de loi sur le terrorisme, examiné en procédure accélérée par le Sénat, prévoit différentes mesures pour empêcher la radicalisation et le passage à l’acte sur le sol français de « loups solitaires », c’est-à-dire d’individus capables de planifier et perpétrer des attentats de manière relativement autonome, comme cela a été le cas avec Mohammed Merah ou Mehdi Nemmouche.

Ces dernières années, le terrorisme a changé de nature, en se « décentralisant ». Le départ de centaines de jeunes vers le Moyen-Orient pour y participer au djihad ou se former au terrorisme est un phénomène particulièrement inquiétant. La force d’Internet pour démultiplier la diffusion d’idées extrémistes, voire de modes opératoires violents, ne peut être ignorée.

Il était donc légitime d’adapter notre arsenal juridique et d’offrir à nos enquêteurs de nouveaux outils juridiques pour mieux démanteler les réseaux et prévenir les attentats.

Soutenant globalement ce projet de loi, j’ai toutefois émis des réserves concernant certaines dispositions, et notamment l’interdiction de départ vers l’étranger (assortie d’une confiscation des pièces d’identité) et le blocage administratif des sites Internet. Ces mesures attentatoires aux libertés publiques me semblent potentiellement contre-productives : à des fins d’enquête, il est plus efficace de surveiller les visiteurs d’un site Internet extrémiste que de le fermer. Il me paraît également essentiel de ne pas stigmatiser de manière globale les Français voyageant ou entretenant des relations personnelles ou d’affaires dans des pays qui, tout en étant victimes des réseaux terroristes, ne doivent pas être désertés par nos compatriotes.

Chargée par l’Assemblée parlementaire de l’OTAN d’un rapport sur la lutte contre le terrorisme, j’ai également appelé à un renforcement de la coopération européenne et internationale en la matière, notamment par le regroupement de certains services nationaux redondants par exemple dans le cadre d’un observatoire international du terrorisme en charge de la coordination, de la surveillance de l’échange d’informations et d’une assistance technique, juridique et policière aux États tiers fragilisés par ces phénomènes.

J’aurai également l’occasion d’approfondir ces réflexions dans le cadre de la commission d’enquête mise en place au Sénat sur l’organisation et les moyens de la lutte contre les réseaux djihadistes en France et en Europe.

→ L’intégralité de mon intervention

→ Un article de Public Sénat citant mon intervention

 

oct 15 2014

Les droits économiques, sociaux et culturels bientôt mieux reconnus et protégés par la France

pidescLa Charte internationale des droits de l’homme repose, depuis l’après seconde guerre mondiale, sur la Déclaration universelle des droits de l’homme mais aussi sur deux Pactes relatifs aux droits civils et politiques d’une part, économiques, sociaux et culturels d’autre part. Ces Pactes sont complétés par des Protocoles facultatifs, rendant l’affirmation de ces droits moins « théorique », puisqu’ils permettent aux individus considérant que leurs droits ont été violés d’être entendus par le Comité des Droits Économiques Sociaux et Culturels de l’ONU.

Aussi étonnant que cela puisse paraître, le Protocole associé au Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (PIDESC) n’a été adopté par l’Assemblée générale des Nations Unies qu’en 2008 et, bien qu’entré en vigueur en mai 2013, n’a pas encore été ratifié par la France.

Il touche à des enjeux extrêmement importants, dans un monde où les inégalités sociales ne cessent de croître : accès à l’alimentation, à la santé ou encore au logement.

J’ai été chargée par la Commission des Affaires étrangères du Sénat du rapport devant conduire, je l’espère, à une ratification rapide de ce Protocole par la France.

→ Voir mon intervention devant la Commission des Affaires étrangères

→  Lire mon rapport

oct 13 2014

Première session de la nouvelle AFE

AFEL’AFE « nouvelle formule » s’est pour la première fois réunie à Paris du 6 au 10 octobre. Elle n’est plus, comme jusqu’ici, composée de l’ensemble des élus des Français de l’étranger mais de 90 conseillers, désignés en juin dernier parmi et par les 442 conseillers consulaires. Députés et sénateurs des Français de l’étranger ne font désormais plus partie de cette Assemblée, sauf s’ils sont par ailleurs élus conseillers à l’AFE, comme c’est le cas d’Olivier Cadic et Jacky Deromedi, élus à l’AFE en juin dernier et au Sénat il y a quelques jours.

L’essentiel des travaux de cette première session ont porté sur l’organisation de la nouvelle assemblée, celle-ci ayant à redéfinir elle-même ses structures et son règlement intérieur.

L’ancienne AFE était présidée par le Ministre des Affaires étrangères, la nouvelle l’est par un conseiller élu, Marc Villard. Appartenant au groupe « Français du monde, écologie et solidarité » (gauche), pourtant minoritaire avec seulement 33 des 90 membres de l’AFE, il a été élu du fait de l’incapacité de la droite et du centre de parvenir à une véritable alliance (les élus siègent dans deux groupes distincts : « Alliance de la droite, du centre et des indépendants », présidée par Alain-Pierre Mignon et qui compte 43 élus, et « Indépendants pour la démocratie et l’environnement », 12 élus). Triste nouvelle démonstration des effets délétères de l’opposition de la droite du centre et des non-inscrits.

Je pense néanmoins que Marc Villard devrait être un bon président, car au-delà de nos divergences politiques, c’est un homme qui a toujours fait preuve d’un véritable engagement au service des Français de l’étranger. Je lui souhaite d’aider la nouvelle AFE à trouver ses marques et à devenir un acteur incontournable sur les questions d’expatriation. Félicitations, aussi, aux deux vice-présidents de l’AFE, Martine Schoeppner et Georges-Francis Seingry, ainsi qu’aux autres membres du bureau : Geneviève Béraud-Suberville, Daniel Colas, Thierry Consigny, Nicole Hirsh, Hélène Le Moing et Prédibane Siva.

L’AFE compte désormais six commissions :

  • Affaires sociales et anciens combattants – présidée par Thierry Consigny ;
  • Commerce extérieur, développement durable, emploi et formation – présidée par Bruno Théret ;
  • Enseignement, affaires culturelles, audiovisuel extérieur et francophonie – présidée par Pascale Seux ;
  • Finances, du budget et fiscalité – présidée par Renaud Digoin-Danzin ;
  • Lois, règlements et affaires consulaires – présidée par Olivier Piton ;
  • Sécurité et protection des personnes et des biens – présidée par Bruno Dell’Aquila ;

Lors des précédentes sessions, il était d’usage que le Ministre des Affaires étrangères, en sa qualité de président de l’AFE, vienne rencontrer les élus. Ne présidant plus l’Assemblée, Laurent Fabius ne s’est cette fois pas déplacé (mais a par ailleurs invité les élus) et c’est Matthias Fekl, nouveau secrétaire d’État chargé du commerce extérieur, de la promotion du tourisme et des Français de l’étranger, suite à la démission de l’éphémère Thomas Thévenoud, qui est venu devant l’assemblée présenter les orientations du gouvernement concernant les Français de l’étranger. Lapsus que je n’espère pas révélateur… Matthias Fekl a parlé « d’association » au lieu « d’assemblée » des Français de l’étranger…

Peu de nouveautés annoncées, mise à part la fin de la « double comparution » (l’obligation de venir en personne au consulat deux fois pour déposer puis retirer son passeport) au profit d’un envoi des documents par transporteur sécurisé. Dans un premier temps cette simplification ne concernera toutefois qu’un nombre limité de pays. Même partielle, je me réjouis de cette mesure qui correspond à une demande de longue date des élus des Français de l’étranger, que j’avais à de maintes fois relayée.

La loi du 23 juillet 2013 relative à la représentation des Français établis hors de France mettait l’accent sur l’instauration d’un « rapport du gouvernement » à l’AFE et des informations sur les volets du projet de loi de finances concernant les Français de l’étranger. Ces deux communications étaient censées incarner l’importance nouvelle accordée à cette assemblée… Mais c’est pourtant à la tout à fait traditionnelle présentation du rapport du Directeur des Français de l’étranger (rebaptisé « rapport du gouvernement ») qu’ont eu droit les élus.

Bref, l’AFE a encore du pain sur la planche pour obtenir du gouvernement une véritable reconnaissance de son rôle ! Je souhaite énergie et courage aux élus et me tiens à leur disposition pour les épauler s’ils le souhaitent.

oct 09 2014

Trois ministres pour remettre les Prix du Rayonnement 2014!

10449456_547564825377008_712262758310984509_nPlus de 500 personnalités (ministres, parlementaires, élus des Français de l’étranger, ambassadeurs représentant une quarantaine de pays) étaient réunies dans les salons du Quai d’Orsay mercredi 8 octobre pour l’édition 2014 du Prix du Rayonnement français.

Ce Prix, que j’ai lancé en 2009 pour combattre la tendance très française à l’auto-dénigrement, et qui a bénéficié des hauts parrainages des Présidents de la République Nicolas Sarkozy puis François Hollande, permet de mettre en valeur les initiatives et personnalités françaises qui incarnent, vu de l’étranger, les réussites françaises.


Cette année, trois ministres nous ont fait l’honneur de remettre les distinctions aux lauréats : Laurent Fabius, Ministre des Affaires étrangères et du développement international, Annick Girardin, secrétaire d’Etat au développement et à la Francophonie, et Matthias Fekl, secrétaire d’Etat au commerce extérieur, à la promotion du tourisme et aux Français de l’étranger.

Le Grand Prix du Rayonnement a été remis par Laurent Fabius à Jacqueline Franjou, directrice générale du Women’s Forum for the Economy and Society, organisation qui promeut la vision des femmes sur les sujets économiques et sociaux et fondatrice du festival de Ramatuelle . Le Women’s Forum s’est vite imposé comme l’événement international de référence, avec des Forums au Brésil, au Japon, en Birmanie, en Italie, à Bruxelles et à Dubaï.

Le Prix du Rayonnement humanitaire a été décerné par à Mego Terzian (et remis par Olivier Poivre d’Arvor, membre du Jury et directeur général de France Culture) pour son action à la tête de Médecins Sans Frontières. A travers lui, ce Prix récompense tous ceux qui au sein de MSF n’hésitent pas à sacrifier leur avenir au service des autres, comme récemment dans la lutte de personnels MSF contre Ebola en Afrique.

Le Prix du Rayonnement économique est allé à Florence Cathiard, présidente et fondatrice de plusieurs sociétés autour de la vigne et du vin, du prestigieux Château Smith-Haut-Lafitte, à la ligne de cosmétiques Caudalie. Avec sa famille, elle met en valeur à l’international les atouts du vignoble bordelais et les formidables capacités de développement économique de l’œnotourisme en France.

Les frères Thierry, Stéphane et Laurent Gardinier ont reçu le Prix du Rayonnement touristique, pour leur action à la tête du groupe Gardinier & Fils, référence française dans les secteurs de l’hôtellerie, de la restauration et de la viticulture, de la célèbre Maison Taillevent à Paris aux Relais & Châteaux des Crayères à Reims, sans oublier le Château Phélan Ségur, grand cru de Saint-Estèphe.

Première femme chef 3 étoiles au Michelin, Prix Veuve Clicquot de la « meilleure femme chef du monde » Anne-Sophie Pic, qui ouvrira très prochainement à New York un très bel établissement au 510 Madison Avenue, s’est vu décerner le Prix du Rayonnement gastronomique.

René Légère, Président de la Société Nationale de l’Acadie (SNA) a reçu le Prix du Rayonnement francophone. Défenseur des droits et intérêts du peuple acadien, René Légère s’emploie au quotidien à la défense et à la promotion de notre langue et au développement de partenariats avec la France.

A la suite de la cérémonie, une réception a réuni tous les participants autour de magnifiques buffets offerts par le Synohrcat, le Club de la Table Française, les fromagers de France, l’interprofession du foie gras, les artisans boulangers, la société Ricard avec son célèbre champagne Perrier et Jouet.

Je tiens à tous les remercier ainsi que les étudiants du CEPROC et leurs professeurs qui ont aidé à la préparation et au service.
Qu’il me soit permis de les remercier tous ici, ainsi que le ministre Laurent Fabius pour son accueil très chaleureux (voir la vidéo de son discours), toutes les équipes du Quai d’Orsay, et tout particulièrement Marc Teyssier d’Orfeuil, président de Com’Publics qui a orchestré avec brio la cérémonie et à ses équipes pour leur disponibilité et leur efficacité.

-> Reportage diffusé sur RFI le 11 octobre à 13h33 et 19h33

-> Article du Petit Journal

-> Article de l’Union des Français de l’Etranger (UFE)

-> Article du Figaro du 11 octobre

Figaro111014

oct 01 2014

Sénatoriales 2014. Les résultats

http://www.cantal.gouv.fr/local/cache-vignettes/L314xH205/arton3638-ca336.jpgLa moitié du Sénat a été renouvelée en ce dimanche. Certes la victoire de la droite et du centre était attendue, conséquence des bons résultats aux élections municipales du printemps dernier, mais elle n’en est pas moins très appréciable, nous permettant de reprendre la majorité au Sénat.

L’UMP, l’UDI et les candidats divers droite totalisent aujourd’hui 186 sièges (143 pour l’UMP et 43 pour l’UDI), la gauche 155 (114 pour le PS, 18 pour le groupe communiste, 13 pour le RDSE, 10 pour les écologistes) et les non-inscrits 5 (dont 2 FN). Ce rapport de force a permis à Gérard Larcher de retrouver la présidence du Sénat, après trois années de parenthèse socialiste.

Le « nouveau » Sénat compte légèrement plus de femmes – qui représentent désormais un quart de l’hémicycle – et s’est légèrement rajeuni, la moyenne d’âge étant désormais légèrement inférieure à 62 ans. Quelques nouveaux entrants sont déjà bien connus du grand public, comme François Baroin ou Alain Joyandet.

En ce qui concerne les Français de l’étranger, 6 postes de sénateurs sur 12 étaient soumis au renouvellement. 7 listes étaient en présence, 533 électeurs inscrits, 528 votants, 5 abstentions et 1 bulletin nul.

Ont été réélus les sénateurs sortants Christophe-André Frassa (UMP), Robert del Picchia (app UMP), Richard Yung (PS) et Claudine Lepage (PS) ; Jacky Deromedi (UMP, Singapour) et Olivier Cadic (UDI, Londres) entrent au Sénat.

Je voudrais tous les féliciter de leur élection, en profitant de cette occasion pour remercier de leur remarquable action au service des Français de l’étranger les deux sénateurs sortants ne s’étant pas représentés, André Ferrand et Christian Cointat.

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sept 24 2014

Irak : mon intervention à la tribune du Sénat


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-> Voir le texte de mon intervention
-> Ecouter mon interview dans le journal de 13h de France Inter

-> Lire ma tribune dans L’Orient Le Jour (ou la version anglaise ou arabe dans Assafir)

sept 22 2014

Fiscalité des non-résidents. Le point sur la procédure européenne contre la France

-Il y a tout juste un an, la Commission européenne avait ouvert une procédure d’infraction contre la France, suite à la décision, votée en loi de finances rectificative, d’assujettir aux prélèvements sociaux les revenus immobiliers des non-résidents fiscaux français et étrangers.

J’avais, dès le débat sur la loi de finances rectificative, marqué mon opposition à ce projet discriminatoire. J’ai ensuite pendant plusieurs mois suivi ce dossier, notamment par le dépôt d’une question écrite et d’amendements. Hélas, en vain.

Pour retarder la décision européenne et l’éventuel envoi d’une lettre de mise en demeure, le gouvernement français a saisi la Cour de Justice de l’Union européenne d’une question préjudicielle. Cette procédure a provisoirement entraîné la suspension de toute autre action à l’encontre de la France, dans l’attente du prononcé de l’arrêt de la CJUE dans le cadre de cette affaire C-623/13 De Ruyter. Les conclusions de l’avocat général dans l’affaire De Ruyter seront présentées en audience publique le 21 octobre 2014.

Nous serons donc maintenant rapidement fixés sur une possible relance de la procédure d’infraction à l’encontre de la France en matière d’assujettissement des non-résidents aux prélèvements sociaux. Je ne manquerai pas d’en rendre compte sur ce blog.

sept 12 2014

Lutte contre le terrorisme : l’impératif d’une approche inclusive

Chargée par l’Assemblée parlementaire de l’OTAN d’un rapport sur la lutte contre le terrorisme, j’ai auditionné ces derniers mois de multiples experts internationaux. Un constat s’impose, face à des menaces nouvelles, croissantes et asymétriques : les démocraties occidentales doivent élargir le cercle de leurs interlocuteurs, et ne peuvent se complaire dans une posture autiste, en ostracisant d’emblée des régimes ou des partis étiquetés –pour des raisons plus ou moins étayées – comme infréquentables.

La doctrine de « l’axe du mal » a vécu. Le poids, le rôlet et l’influence de l’Iran, trop longtemps qualifié d’Etat voyou, ne peuvent plus être négligés dans le cadre d’une lutte efficace contre un « Etat islamique » (EI) qui n’est certainement pas un Etat et qui n’est guère islamique non plus.

Ainsi les Emirats arabes unis et l’Arabie saoudite, dont le respect des droits humains sur leur propre territoire pose hélas question, sont-ils appelés en renfort d’une coalition internationale au Moyen-Orient. Et le fait que le PKK figure sur les listes européennes et américaines d’organisations terroristes n’a pas empêché la livraison d’armes aux Kurdes pour tenter de contrer l’avancée de l’EI.

Il y a un certain nombrilisme et une bonne dose de naïveté à persister à placer d’office tout parti islamiste, même modéré, dans le camp des « terroristes ». Cet amalgame en France entre islam politique et djihad est surtout propre à renforcer le Front National. L’ « Appel de Paris » du Conseil français du culte musulman, en soutien des Chrétiens d’Orient, illustre la volonté d’une majorité de Musulmans de ne pas cautionner les dérives de l’EI.

Bien sûr, la vigilance reste de mise face à des partenaires inhabituels pour les diplomaties occidentales. Mais le pragmatisme s’impose. Les hommes et les formations politiques évoluent. Ainsi en Tunisie, si l’arrivée au pouvoir par les urnes du parti islamiste Ennahdha n’avait pas manqué de soulever de vives inquiétudes, force est de constater aujourd’hui que ce mouvement s’engage à respecter les libertés – notamment celles des femmes et des minorités culturelles ou religieuses – et les procédures démocratiques. Dès lors, comme je l’ai souligné sur dans l’émission d’Audrey Pulvar sur i-Télé, il n’y a pas de raison de ne pas coopérer avec eux pour combattre le fondamentalisme et le terrorisme, dans le respect de la légalité internationale et dans l’intérêt de la sécurité régionale et mondiale.

sept 05 2014

Ecosse: un référendum d’importance européenne

Ma tribune publiée par Le Huffington Post :

4 millions d’électeurs suffisent-ils à faire trembler l’Europe? Alors que le gouvernement britannique fait activement campagne pour le « non », les grandes diplomaties européennes attendent avec circonspection le référendum du 18 septembre sur l’indépendance écossaise. L’enjeu dépasse en effet largement la défense du kilt et du whisky…L’indépendance de l’Ecosse affaiblirait sensiblement le Royaume-Uni, dont le territoire continental serait amputé de 70%. L’économie serait durement affectée, avec une chute potentielle de 10% du PIB: l’Ecosse abrite 97% des réserves pétrolières et 58% des ressources gazières du Royaume-Uni, ainsi qu’une part importante des industries de défense britannique et la totalité de la force de dissuasion nucléaire. Au plan diplomatique, le Royaume-Uni risquerait de voir son siège au Conseil de sécurité de l’ONU contesté.

Un tel affaiblissement britannique représenterait un bouleversement considérable pour la France – notamment en matière de politique de défense, le Royaume-Uni étant notre premier partenaire stratégique – mais surtout pour l’Union européenne, qui aurait à gérer le cas inédit de l’intégration dans l’Union d’un nouvel Etat créé par sécession d’avec un Etat membre.

Les autorités britanniques mettent l’accent sur l’absence d’automaticité de l’adhésion à l’Union européenne d’une Ecosse indépendante. Juridiquement, le raisonnement est exact. De surcroît nombre d’Etat membres pourraient être tentés de ralentir un tel processus d’adhésion, par crainte de créer un précédent qui aviverait les séparatismes ailleurs en Europe, de la Catalogne à la Flandre. Il semblerait néanmoins politiquement difficile de laisser durablement aux portes de l’Europe une région qui faisait jusqu’alors partie de l’Union et demeurera intimement intégrée aux réseaux économiques européens.

Dans l’immédiat, il faut bien sûr laisser les urnes parler. Et saluer la capacité du Royaume-Uni à gérer pacifiquement et démocratiquement ses tendances centrifuges. Mais le référendum écossais doit nous interroger sur la capacité de l’UE à promouvoir une Europe dans laquelle les identités régionales se sentiraient mieux reconnues, respectées et valorisées. La crise ukrainienne actuelle, tout comme le précédent de la Yougoslavie, illustre à quel point la préservation de l’intégrité territoriale des Etats est un facteur de stabilité essentiel dans un monde contemporain marqué par la remise en question des frontières nationales, dans un contexte de violence accru.

Quel que soit le résultat du référendum, l’Ecosse gagnera en autonomie, que ce soit par sa sortie du Royaume-Uni ou en demeurant à l’intérieur de cet Etat, la forte dynamique d’ores et déjà impulsée par les tenants du « oui » ne pouvant que se traduire en évolutions politiques. Suite au référendum de 1997, l’Ecosse avait obtenu la création d’un parlement, légiférant dans tous les domaines non réservés au parlement britannique mais limité par un droit d’amendement du parlement britannique.

Le 18 septembre, quel que soit le résultat, une nouvelle étape s’apprêtera à être franchie, non seulement en termes d’autonomie accrue de l’Ecosse vis-à-vis du Royaume-Uni, mais aussi d’affermissement de sa voix propre au sein de l’Union européenne.

Le cas écossais ouvre des perspectives. L’UE offre l’opportunité que des régions, sans remettre en cause les frontières nationales, deviennent des acteurs autonomes des échanges économiques et culturels intra-européens. Il serait grand temps que les capitales en tirent toutes les conséquences.

sept 02 2014

Crise en Ukraine : rencontre avec le Président de la Douma

DoumaA l’initiative du Dialogue Franco-Russe et de SE Alexandre Orlov, Ambassadeur de Russie en France, plusieurs parlementaires, hommes d’affaires et intellectuels français ont été invités à rencontrer Sergueï Narychkine, Président de la Douma (Assemblée nationale russe). Une réunion particulièrement utile à un moment de grandes tensions entre la Russie et l’Ukraine, avec de lourdes sanctions américaines et européennes et le risque d’une guerre ouverte de grande ampleur aux portes de l’Europe.

Narychkine est un ami de la France, qui parle notre langue, tout comme les deux députés l’accompagnant, le président de la commission des affaires étrangères de la Douma, Alexei Pouchkov et Leonid Sloutsky, président du comité pour les affaires de la CEI, pour l’intégration eurasienne et pour les Russes de l’étranger. Bien sûr il a, tout comme plusieurs autres intervenants, longuement rappelé les liens historiques d’amitié et d’entraide entre la France et la Russie. Le général de Gaulle ne s’était-il pas écrié lors de sa visite à Moscou en Décembre 1944 pour la signature d’un accord entre nos deux pays que nos deux pays réunis étaient très forts mais que s’ils se séparaient, ils seraient en grand danger?

Mais son rôle était bien sûr de nous convaincre du bien-fondé des positions russes, insistant sur les souffrances des centaines de milliers de Russes d’Ukraine, beaucoup ayant été obligés de fuir vers la Russie, refusant une « Ukrainisation forcée » et victimes d’une « société russophobe » ayant rabaissé le statut de la langue russe. En écho à Hollande qui avait affirmé à la Conférence des Ambassadeurs qu’il serait « bien sûr intolérable et inadmissible » que des soldats russes soient présents en Ukraine, Narychkine a insisté sur le fait qu’il n’y avait pas de soldats russes sur le territoire ukrainien et que les observateurs internationaux basés aux frontières l’avaient confirmé (contrairement à nos propres informations de presse..).

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